Mon endométriose

1 an.

1 an que je vis avec l’endométriose. 1 an que je porte ce fardeau.

Le 28 décembre 2019. C’est ce jour là que, ce que j’appelle « les fortes douleurs », ont commencé. Je me rappelle avoir eu une très forte douleur dans le bas ventre, coté droit plus précisément. Une douleur si forte, au point de ne plus pouvoir manger ni marcher correctement. Ce jour-là, on m’avait dit : « va aux toilettes, ca ira mieux ! ».

2 mois sont passés. On m’a opéré de l’appendicite et c’est pendant l’opération qu’on a découvert mon endométriose. On m’a sûrement opéré « pour rien » mais sans cela, peut être qu’à l’heure actuelle je ne saurais toujours pas ce que j’ai. Avec le recul, je me considère maintenant comme « chanceuse », car je sais d’où la douleur vient. Alors que certaines femmes se battent encore pour savoir ce qu’elles ont et pourquoi elles ont mal.

En réalité, cela fait depuis que je suis une jeune femme que j’ai l’endométriose. Cette maladie est souvent héréditaire et pour moi, cela a commencé par des kystes ovariens et des règles très douloureuses au lycée, des ballonnements tous les jours et des rapports sexuels douloureux, sans penser une seule seconde que c’était à cause de ca.

Ca. Cette chose qui me pourrit de l’intérieur.

Bien sûr, aucune femme ayant l’endométriose vit sa maladie de la même façon. Nous n’avons pas toutes les mêmes douleurs, car cela dépend de l’endroit où sont situés les nodules d’endométriose. Pour le moment, je sais que les nodules ont attaqué ma vessie (grâce à l’opération) et l’arrière de mon utérus (grâce à une IRM). Mais qui sait, peut être que j’en ai ailleurs ?

Personnellement, après 1 an de combat avec cette maladie, j’arrive maintenant à distinguer les phases de petites douleurs (où je vais plutôt bien quoi) et les phases de grosses douleurs, voir de crise (où je vais plutôt mal quoi).

Les petites douleurs, j’arrive à vivre avec. Je vais au travail avec, je vais voir des amis avec. Ce sont par exemple les ballonnements du matin et du soir, la fatigue, les douleurs pendant les rapports. Elles sont devenues mon quotidien, donc j’arrive à les dompter.

Les grosses douleurs, c’est un peu moins drôle. Ca fait peur. Pendant cette période, j’ai des pointes dans le bas ventre coté droit, jusque dans le dos et la jambe droite. Comme si on me donnait des coups dans le ventre en continu. Je marche difficilement, j’ai des vertiges, je suis essoufflée. L’effort est un calvaire. Je me sens vivre dans le corps d’une femme de 80 ans. Et là, ca craint.

Au quotidien, c’est loin d’être une partie de plaisir. Pour moi, car c’est très fatiguant et même si je suis bien entouré, je me sens très seule. Pour mes proches, car c’est pas rigolo de me voir en pleine crise. Pour mon chéri, qui vit la maladie autant que moi.

Au quotidien, ce n’est aussi pas facile par rapport aux autres. A leur réaction. Car il y a ceux qui ne connaissent pas la maladie, ceux qui ne la comprennent pas et ceux qui ne veulent pas la comprendre. Par exemple, il y a ces médecins qui te disent : « c’est juste une endométriose, ça va aller. Va voir ta gynéco et elle va te prescrire une pilule. » Juste une endométriose ? Tenez, je vous la donne volontiers ! Ou les personnes de ton entourage qui se permettent de dire : « c’est qu’une maladie de gonzesse » ou « tu veux que je te tienne la main auprès de ton chevet ? ». Nous sommes en 2020 et ce sont encore des phrases auxquelles nous avons à faire face. Est-ce normal ?

Parce qu’à l’école, on vous apprend que les règles douloureuses sont normales. Alors que rien n’est normal dans la douleur ! Je le répète, et j’ai même envie de l’écrire en gros caractères pour que vous compreniez : RIEN N’EST NORMAL DANS LES REGLES DOULOUREUSES !

Aujourd’hui, je pense à me faire opérer. L’endométriose s’opère, mais le problème est que cela revient tous les ans. Donc chaque année, rebelote ! Mais je le vois maintenant comme la seule solution pour me sentir mieux. Si je peux me sentir bien pendant une année et vivre comme avant, alors je prends ! J’ai envie de retrouver ma liberté d’avant. Aller courir tous les matins, faire du trail, voyager sans appréhender la douleur et les vertiges…

« L’endométriose, ce cancer dont on ne meurt jamais ». La maladie tabou, Marie Anne Mormina


J’ai écrit cette article un peu brouillon dans le but de vous faire comprendre ce que je ressens au quotidien. Mais c’est aussi dans le but d’aider des femmes qui pensent avoir l’endométriose, mais qui ne sont pas prises au sérieux par leur entourage, à croire en soi. Si tu as mal, ce n’est pas dans la tête. Aujourd’hui, certaines personnes du corps médical y croient et sont même spécialisées dans cette maladie. La recherche avance petit à petit, alors crois-y !

PS : Pour plus d’informations sur l’endométriose, vous pouvez vous rendre sur le site EndoFrance , l’Association Française de la lutte contre cette maladie. Le site est très complet et m’a beaucoup aidé à y voir beaucoup plus claire sur ce que je ressentais.

 

Suivre:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Instagram

Instagram n'a pas retourné le status 200.

Suivez moi sur Instagram !

Retrouve-moi sur Facebook

Facebook Pagelike Widget

Vous recherchiez quelque chose?